Sommaire

vendredi 29 mars 2013

L'être humain est un mammifère.

"J'ai appris que les êtres humains sont des mammifères. Tous les mammifères se cachent, s'isolent pour mettre au monde leur progéniture. Ils ont besoin d'intimité."

Michel Odent.

Médecin et pionnier dont la portée des travaux est, paradoxalement, plus connue à l'étranger que dans son propre pays; est installé à Londres où il s'est fait sage-femme, assistant à des naissances à domicile afin d'en savoir plus sur l'influence de l'environnement dans la période qui entoure l'accouchement.

L'accouchement est un processus involontaire auquel on ne peut donc se préparer. Il faut juste éviter de trop le perturber. Des études montrent que l'utilisation du monitoring augmente le taux de césarienne et l'utilisation de forceps. Il rend l'accouchement plus difficile.

Une expérience faite sur des souris a montré que le travail est plus long, plus difficile et plus dangereux lorsque la souris est transportée d'un endroit à un autre durant le travail. Qu'en est-il de nos trajets maison-maternité et salle de travail-salle de naissance...

A travers ces nombreux accouchements à domicile, Dr Odent a remarqué que les femmes accouchaient le plus souvent dans une petite pièce, dans la pénombre, alors qu'elles avaient tout aménagé dans une autre pièce plus vaste.

Un environnement intime, sombre et unique semble le plus approprié.

L'accouchement est une réaction en chaîne d'hormones dirigées par le cerveau primitif et non le néocortex. C'est pourquoi le simple fait de parler peut troubler la future mère dans son travail. La mère change progressivement de comportement, d'état de conscience, s'enferme dans sa bulle. Tout le travail de la sage-femme est donc d'observer à distance pour laisser la femme dans son travail, dans sa bulle et permettre aux hormones d'agir. L'observation du comportement, de la respiration peut suffire à évaluer une éventuelle complication.

L'hormone finale de l'accouchement est l'adrénaline, l'hormone de la peur. Juste avant la phase d'expulsion du foetus l'adrénaline est libérée. Dans la nature elle permet d'accélérer le travail pour mieux fuir devant le danger ou d'interrompre le travail lorsqu'il est moins avancé afin de prendre la fuite et de le reprendre dans un lieu plus sécurisé.

Le réflexe d'éjection entraîne des poussées naturelles et incontrôlables. Lorsque la femme est libre de se placer elle choisit généralement une position qui va favoriser une distension harmonieuse des tissus. Ainsi en respectant le réflexe d'éjection et la position choisie par la femme les déchirures sérieuses sont rares. Le plus souvent la position choisie est debout, penchée en avant, appuyée à une table ou à 4 pattes suspendue à quelqu'un ou quelque chose.

Ce livre qui a pour credo "l'être humain est un mammifère" nous ramène à ce que nous avons de plus humain au fond de nous. Il a quelque chose de vrai qui aide la femme à prendre confiance en elle, en sa capacité à accoucher, qui la rend actrice de son corps, de ce moment unique.


dimanche 10 mars 2013

Allaitement et sevrage


Dans beaucoup de forum, de sites ou de blogs on parle volontiers de l’allaitement. En revanche pour le sevrage j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver des conseils. 

Du point de vue de l’enfant les conseils affluent : cela doit se faire progressivement. Supprimer une tétée la première semaine et ainsi de suite de sorte que le sevrage se passe durant 1 mois. Il faut qu’il soit progressif car c’est un moment de séparation entre votre enfant et vous et inversement. Il faut que chacun s’y retrouve. 

Mais pour nos seins qu’en est-il ?!

De mon expérience, les tisanes à la sauge favorisent nettement la baisse de la production de lait. Le fait que votre enfant tète moins va également diminuer la lactation. Enfin il semble que les bandages serrés de la poitrine aide au sevrage. Pour ma part, j’ai également tiré mon lait très doucement pour vider mon sein sans le stimuler

Allaiter et travailler

Si vous souhaitez poursuivre l’allaitement et reprendre votre travail, c’est possible. D’une part voici les textes de lois :
Vous bénéficiez d’une heure par jour pour allaiter ou tirer votre lait.

Une fois votre lait tiré, vous devez le mettre immédiatement au frais. Il se conserve alors durant 48H. Vous pouvez également le congeler. Il se conserve alors 3 mois. SI vous devez le transporter, faite-le à l’aide d’un sac isotherme.

Pour réchauffer du lait maternel, il ne faut pas le mettre au micro-onde. Vous risquez de le détériorer. Préférez le bain-marie. Remuez-le bien avant de servir ! Afin de l’homogénéiser.

Et n’oubliez pas de bien vous laver les mains avant de tirer votre lait, de bien laver le tire-lait et d’avoir une bonne hygiène de vos seins.

Sachez également que les crèches peuvent donner à votre bébé le lait que vous avez tiré, moyennant le respect d’un protocole d’hygiène. Cela vous permet de poursuivre votre allaitement tout en reprenant votre travail.

Tirer son lait, comment? Pourquoi?


Certaines femmes produisent beaucoup de lait. Il y a différentes façons de réguler ce trop-plein. La première est l’expression du sein. Cela consiste sous une douche d’eau chaude à presser son sein afin de faire s’écouler le lait. Mais cela peut s’avérer difficile ou insuffisant. Dans ce cas on peut utiliser un tire-lait (manuel suffit amplement, Avent est une très bonne marque).


Cependant souvenez-vous : c’est la loi de l’offre et la demande, donc plus vous tirez votre lait plus votre sein va en produire ! Donc que ce soit manuellement ou avec un tire-lait, ne videz pas votre sein mais chassez juste la quantité qui vous permet d’être confortable. Au mieux, si votre sein n’est pas trop douloureux, attendez au maximum la prochaine tétée, ainsi votre production va se réguler en quelques jours.
Astuce : les tisanes de sauge font baisser la production de lait, voire l’arrêter. A doser donc avec parcimonie !


Allaitement et seins


Lorsque l'on accueille son bébé, le temps nous semble bien court ! Malgré tout, pensez à vous. C’est aussi important pour votre allaitement.

Laver bien vos seins chaque jour, séchez-les puis appliquez une crème contre les crevasses afin de les prévenir. (Crème Castor Equi la moins chère et très efficace, disponible en pharmacie) Laissez pénétrer quelques minutes puis recouvrez avec un coussinet d’allaitement et vous voilà parée pour la journée ! N’hésitez pas à remettre de la crème après chaque tétée et à commencer avant l’accouchement pour préparer le sein.

Attention, manipulez vos mamelons avec délicatesse et sans trop vous attarder pour éviter la montée de lait !




En cas d'écoulement de lait, je vous recommande les coussinets jetables doddie avec autocollant pour rester fixe dans le soutien-gorge. Les coussinets lavables sont plus écolos et moins chers (puisque lavable !) mais d’expérience à force de les laver ils perdent de leur douceur et finissent par gratter ! De plus ils ne se fixent pas et se baladent notamment la nuit 

Il faut aussi porter un soutien-gorge adapté, ni trop serré ni trop lâche. Je vous recommande un soutien-gorge permettant un maintien du sein et avec des bretelles réglables facilement. C’est pratique de pouvoir resserrer seule le soutien-gorge après la tétée ou de l’élargir quand votre sein commence à s’alourdir.



                





Pour stimuler la lactation, je vous recommande d’utiliser des coquilles (Avent). Elles favorisent la montée de lait et permettent également de le recueillir.







Si la tétée est trop douloureuse car la succion trop forte vous pouvez utiliser des bouts de sein (Avent mieux que Doddie). Cet artifice vous permet d’allaiter sans douleur. Toutefois cela peut à terme gêner la tétée, dans le sens où le bout de sein se remplit de lait et votre bébé a moins d’effort de succion à faire. Il stimule donc moins le sein et la production de lait commence à se tarir. Je vous conseille donc d’essayer de vous en passer rapidement autant que possible.



Il peut arriver que votre mamelon soit ombiliqué, c'est dire qu'il soit rentré et non sortie. L'allaitement est alors difficile pour votre bébé. Il existe un système pour faire ressortir le téton appelé "niplette". Vendu par Avent, il consiste à aspirer le téton à l'aide d'une seringue. La maman gère elle-même le niveau d'aspiration. Ce système semble avoir fait ses preuves.






Prendre soin de ses seins c’est aussi prendre une bonne position pour bien placer votre bébé afin qu’il n’abîme pas votre sein en tétant.

C’est aussi éviter l’engorgement, le trop plein de lait. Pour cela il faut veiller à ce que le sein soit bien vidé à chaque tétée. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez pratiquer la compression du sein.

                Il est préférable aussi de varier vos positions de sommeil, à savoir ne pas dormir toujours du même côté car cela peut entraîner une compression de votre sein et boucher un canal.

Astuce : le lait maternel a des vertus cicatrisantes et nettoyantes. Quelques gouttes sur votre sein peuvent aussi soulager les crevasses. 

Allaitement mode d'emploi


L’allaitement répond à la loi de l’offre et de la demande. C’est-à-dire que plus votre bébé tète, plus la quantité de lait est importante. A contrario moins il tète moins vous avez de lait.

A la naissance, l’estomac de votre bébé est tout petit. Le colostrum (ce que produit votre sein avant la première montée de lait) lui suffit et s’adapte à ce petit volume. La première montée de lait arrive en général au bout du 3ème jour après l’accouchement. Elle arrive d’autant mieux que votre bébé tête bien.

Une tétée peut prendre 20 à 30 minutes. Elle se compose d’un lait assez clair au départ puis il s’enrichit de plus en plus en gras. Il est important de respecter ce temps pour que votre bébé profite de « l’entrée-plat-dessert ! ». Après « l’étape du gras » le sein ne donne plus vraiment. La tétée est finit. Il faut restimuler le sein pour déclencher une montée de lait et un nouveau cycle. Mais en générale une tétée lui suffit. Toutefois s’il réclame vous pouvez alors lui proposer l’autre sein. En général on propose un sein par tétée en alternant les seins.

Le bébé sait gérer sa faim et sa satiété. Faite-lui confiance ! Au début il peut réclamer toutes les 2 heures ; puis espacer pour arriver à une tétée toutes les 4 heures.

La composition de votre lait change au fur et à mesure que votre enfant grandit et au fur et à mesure de la journée, pour répondre au mieux à ses besoins. Ainsi le soir le lait est plus crémeux, votre enfant peut vous en réclamer souvent (toutes les 30 minutes par exemple) au lieu de ne prendre qu’une seule tétée.

Le lait maternel apporte à votre enfant vos anticorps. A la naissance votre enfant possède vos anticorps qui lui ont été transmis par le placenta. Il les garde ainsi durant les 2 premiers mois. Puis au 3ème mois, il existe une baisse d’immunité. C’est la jonction entre les anticorps que vous lui avez transmis et ceux qu’il va dorénavant fabriquer par lui-même. L’allaitement permet alors de renforcer son immunité durant cette période.

Burn out maternel


"Ce devait être une belle déclaration, un accomplissement, une réalisation. C'est un projet que je portais depuis longtemps, une réparation certaine de ce que je n'avais pas eu; mais un élan énorme, une volonté d'acier de porter une famille loin, haut dans le bonheur, dans l'amour. Quelle déception de ce rêve qui part en fumée, de l'ombre que je deviens. Je ne suis plus rien, j'ai perdu mon fils puis mari. Je me suis perdu. Il n'y a plus rien qui me raccroche à quoique ce soit ou qui que ce soit. Je ne sais pas comment sortir de ce qui semble être une impasse. Je veux tout parfait, je ne veux rien lâcher. Il va falloir pourtant. 

Personne ne fait l'effort de comprendre. La vie n'est plus celle en qui je crois. Elle m'a trahit et ne vaut plus rien. Plus de lien qui vaille, plus d'étoile, plus de soleil. Il faut se battre pour tout. La vie est un perpétuel combat contre la fatigue, la maladie, la mauvaise humeur, les pensées négatives des autres et les siennes, la bêtise humaine, l'ennui... La solitude, le renoncement à son idéal, trouver sa place, l'injustice, la douleur morale. L'être humain ne sait pas s'entraider. Il est égoïste, maladroit, pressé, sourd, aveugle.

C'est alors les personnes les plus loin qui se rapprochent et celles les plus proches qui s'éloignent. Cela rend les choses moins faciles. Il faut encore faire l'effort pour saisir la main tendue. Je me déçois terriblement. Comment ai-je pu en arriver là? Il mérite mieux, tellement mieux. Il n'est que bon, pur, gentil, innocent. Il ne mérite pas cette violence, je n'ai jamais voulu ça pour lui mais bien tout le contraire. C'est si difficile de se comprendre.

Je n'ai pas la force de ces mères. Pas la patience."

Le burn out maternel très tabou et pourtant très destructeur impose que l'on s'y attarde, que l'on ose l'exposer.

" Donner sans compter requiert la plus grande partie des réserves d'énergie de la mère" explique Violaine Guéritault dans son livre la fatigue émotionnelle et physique des mères.

Ce phénomène ne s'exprime chez aucun profil de personnes en particulier. Il peut toucher n'importe quelle mère. 

Responsabilités 24h/24, 7j/7 surcharge de travail, exigences physiques, attentes irréalistes de soi, absence de reconnaissance, absence de formation, imprévisibilité, absence de contrôle, ce n'est pas de burn out professionnel dont je parle mais bien de burn out maternel. 

Il est temps d'apprécier la mère à sa juste valeur.

MOBILISEZ-VOUS, vous qui êtes parent! Lisez le livre de Violaine Guéritault et contribuez au changement de regard sur la mère dans la société d'aujourd'hui.

Pour les mères en burn out ce livre vous apportera l'oxygène dont vous avez besoin et des aides pour en sortir. Courage! La maternité nous apporte son lot d'épreuves mais aussi de joies. Tenez-bon! Tournez votre regard vers le positif! De lire ce qu'il vous arrive va déjà vous apaiser, vous soulager. Vous n'êtes pas seule.

Une autre référence apportant également réconfort et recul : Mère épuisée de Stephanie Allenou.


dimanche 3 février 2013

Allaitement, un savoir-faire


Quand je regarde les mères qui allaitent, je vois le cocoon mère-bébé, cette bulle harmonieuse, douce, évidente, simple. Je vois le visage d'une mère épanouie dans son rôle, dans sa représentation de mère. Je vois le visage d'un bébé serein, heureux, qui profite d'un moment de plénitude.

Je me dis alors que c'est facile, intuitif. Ne croyez pas ça! L'allaitement n'est pas aussi simple qu'un biberon que l'on prépare. C'est non seulement une rencontre intime entre la mère et son bébé, mais c'est aussi un savoir-faire qui se transmet par la parole et par les actes. Ne faites pas l'économie d'une séance de formation à l'allaitement. Les jours à la maternité son épuisants (visites de la famille, du personne soignant...); si votre allaitement est difficile à mettre en place vous pourriez vite vous décourager. L'appui d'une formatrice que vous aurez déjà rencontrée vous sera d'un réel secours.

Il peut y avoir des difficultés à surmonter, mais avec l'aide appropriée, la plupart du temps, le bénéfice est bien supérieur aux désagréments. Il ne faut pas désespérer et encore moins culpabiliser. Un enfant a, avant tout, besoin d'amour. Et l'amour se donne et se reçoit aussi bien à travers le sein qu'à travers le biberon. Vous pouvez regretter de ne pas pouvoir allaiter, mais pas trop longtemps! Il y a bien d'autres moyens d'être là pour son bébé et d'être mère. Vous serez toujours une bonne mère car vous serez SA mère.

Pour vous former : vous retrouverez le lien vers la Leche League et Solidarilait dans la rubrique "mes sites préférés"

samedi 26 janvier 2013

Remise en question des pratiques

"J'accouche les jumeaux et dans 2h je suis là, dit-elle en regardant sa montre. A son retour : c'est bien, il est descendu dit-elle en regardant entre les cuisses de la femme. Je fais mes dossiers et dans 10 minutes à vous de bosser!" Voilà les mots d'une sage femme pour sa patiente en travail depuis 10H. Ces paroles montrent bien l'importance qu'a pris l'homme sur la nature. C'est le cercle vicieux de la surmédicalisation.

Je vais vous exposer quelques pratiques qui semblent malheureusement monnaie courante en hexagone. Heureusement ce n'est pas partout. Peut être avez-vous une maternité respectueuse des femmes, des enfants et de la nature près de chez vous!

Monitoring : Il s'agit de l'enregistrement électronique du rythme cardiaque foetale. L'OMS recommande d'en pratiquer un de 20 minutes toutes les 2H. La plupart du temps il est branché en continu, empêchant ainsi la femme de bouger lors du travail. En revanche les sage femmes peuvent suivre tous les rythmes des femmes en travail sur un même écran...c'est mieux que de venir vous voir!

Toucher vaginal :  Ce geste permet de connaître l'avancement de la dilatation du col. L'OMS recommande d'en faire un toutes les 4 heures au maximum. Il existe d'autres signes pour témoigner de l'avancement du travail. Ces signes demandent discrétion et observation.

Perfusion d'ocytocine : Cette injection d'hormone dans le sang permet d'accélérer le travail. Elle est souvent faite sans demande de consentement de la femme. Elle rend les contractions plus difficiles à supporter pour le bébé comme pour la mère. Et la perfusion limite encore une fois la femme dans ses mouvements. La douleur plus importantes des contractions nous amène donc à...

La péridurale : C'est le moyen le plus efficace de réduire la douleur de l'accouchement. Mais n'est-il pas trop efficace? Son dosage, en tous cas, semble difficile ou bien l'anesthésiste ne souhaite pas être à nouveau dérangé et préfère stopper net la douleur. Résultat le femme ne sent plus ses jambes, ses pieds et ce jusqu'au pubis, sensation très désagréable. Et surtout elle ne sent plus son bébé avancer. Elle le porte durant 9 mois, sent ses moindre faits et gestes et au moment le plus crucial, elle ne partage plus rien avec lui. Il avance seul sur son chemin étroit et contracté tandis que la femme pousse "dans le vide" tant elle ne sent plus rien. Lorsqu'elle accueille son bébé sur sa peau il y a comme un gap entre le travail et la naissance. Un gap qu'on ne peut rattraper. 
La péridurale annule les contractions réflexes de poussée. Ce qui est plutôt gênant. Le bébé ressent aussi les effets de l'anesthésie. Il est endormit et peut avoir des difficultés à téter.

Vidage de vessie : A l'aide d'une sonde urinaire, la sage femme vide la vessie. Cette pratique a lieu à cause de la péridurale puisque la femme ne ressent plus rien. De plus la perfusion apporte beaucoup d'eau et même si la femme va aux toilettes avant la pose de la péridurale, elle ne peut tenir jusqu'à la dissipation de ses effets.

La poussée dirigée : C'est l'image que l'on a de l'accouchement et elle est vraie! La femme n'est plus maître de rien surtout sous péridurale. La sage femme lui dit quand pousser. Mais comment faisait-on avant?! Il existe une poussée naturelle, efficace, incontrôlable et qui préserve le périnée...A la bonne heure! Cette poussée est réflexe et seule la femme peut dire quand elle a lieu!

L'épisiotomie : Il s'agit de l'incision du périnée pour éviter les déchirures graves. On pratique alors une déchirure propre! L'OMS préconise un taux de 10% d'épisiotomie. En france ce taux est de 50% voire même de 70% chez les primipares! Elle peut s'avérer nécessaire dans certains cas (présentation par le siège ou dystocie des épaules) mais cela doit s'évaluer au cas par cas. Par ailleurs le taux d'épisiotomie augmente avec l'utilisation de la péridurale puisque les poussées réflexes ne s'opèrent plus et que la position couchée sur le dos va souvent de pair avec celle-ci.

L'expression abdominale : Elle consiste à appuyer sur le ventre de la femme pour aider le bébé à sortir. Ce geste violent et choquant peut provoquer des déchirures et de graves lésions du périnée avec des risques d'incontinence. Une position autre que celle couchée sur le dos pour la phase de dégagement pourrait faire cesser cette pratique.

La délivrance dirigée : Elle consiste en l'expulsion du placenta accélérée par la perfusion d'ocytocine. On passe d'un délai de 1 à 2h à 20 à 30 minutes! Le corps médical invoque des risques hémorragiques, très rare en vérité. En revanche cela signe le fin de l'accouchement!...A la suivante!

Vous retrouvez toutes ces informations dans le livre " attendre bébé autrement".



mardi 22 janvier 2013

Mécanique du travail

Ou comprendre les différentes positions d'accouchement.

L'accouchement se déroule en 2 temps.
1er temps : l'engagement : le bébé avance dans le bassin.
2ème temps :  le dégagement : le bébé sort sa tête du bassin, c'est l'expulsion du foetus.

Le corps entier de la femme va se mobiliser pour réaliser ces 2 temps. En effet le bassin par l'intermédiaire de ligaments, os et muscles est relié au dos et aux jambes. Les différentes positions adoptées vont donc aider le bassin à s'élargir à différents niveaux, selon la position. C'est là que la nature est bien faite : souvent lorsque nous avons mal au dos , par exemple, nous trouvons nous-même la position qui nous soulage; Durant l'accouchement la femme trouve elle-même les positions adéquates pour aider le bébé à progresser selon sa situation.


Le bébé aura a traverser 3 détroits. 

Durant l'engagement, il s'opère une contre-nutation du sacrum. Elle agrandit le détroit supérieur.

Durant la phase de dégagement, il s'opère une nutation du sacrum. Elle agrandit le détroit inférieur. On comprend alors que si le sacrum bute sur la table d'accouchement (position couchée sur le dos) la nutation ne peut avoir lieu. Certaines tables d'accouchement ont une partie amovible, de sorte que la femme a le sacrum dans le vide. Ou bien il est possible de glisser un coussin mou sous les fesses de la femme.





















Contre-nutation du sacrum                                                        Nutation du sacrum

Les différentes position d'accouchement peuvent se classer en 3 catégorie : la position debout, assise sur un ballon, ou à 4 pattes. Ces 3 position permettent une grand liberté du bassin et du sacrum, de positionner ses jambes comme on le souhaite, d'être aider d'une tierce personne dans nos mouvements.



Vous retrouverez toutes les explications de ces positions dans le livre "bouger en accouchant" que je vous recommande vivement! Ces positions ne sont pas du tout incompatible avec une péridurale. Car être anesthésiée ne veut pas dire être immobile!


Il est clair que toutes les sage-femmes ne sont pas formées à ce genre de position notamment lors de la phase de dégagement. C'est pour cela qu'il faut bien se renseigner pour choisir sa maternité au mieux. Ensuite il faut malheureusement faire des compromis.

Par ailleurs si les femmes sont de plus en plus actrices de leur position d'accouchement le corps médical devra s'y former... ;-)

dimanche 20 janvier 2013

Présentation

Bonjour,

Infirmière de formation, j'ai débuté ma carrière en psychiatrie adulte. Au cours de cette expérience enrichissante j'ai compris d'autant mieux les conséquences d'une enfance difficile. J'ai alors voulu découvrir ce monde de l'enfance et prévenir d'éventuels troubles.

C'est ainsi que je travaille en crèche depuis 5 ans. Au cours de ces années j'ai découvert le travail de l'infirmière en crèche et celui de ses partenaires (Educatrice de Jeunes Enfants, Psychomotricien, Auxiliaire de Puériculture, Psychologue, Pédiatre). Je n'ai de cesse de me former, notamment sur les besoins de l'enfant.

C'est au cours de ma première grossesse que je me suis aperçue de l'écart entre mon expérience et le monde de la maternité tel qu'il est vu et pratiqué en France. Parce que devenir parent est une étape de vie, un véritable engagement, cela mérite que l'on s'y attarde, que l'on y réfléchisse...

Comment? pourquoi? Voici des pistes de réflexion, pistes qui ont fait sens pour moi et qui j'espère vous éclaireront aussi. Il n'y a pas un chemin mais des chemins. Ce blog est donc aussi un lieu d'échange et de partage.

Nourrissez-vous, nourrissez-le!

Bonne lecture!

Accoucher couchée?

9 mois d'attente. 9 mois de représentations, de rumeurs, d'imagination, de rêves, de on-dit...9 mois et on ne sait toujours pas à quoi s'attendre!

Chaque accouchement est différent car chacune gère la douleur à sa façon.

Michel Odent rapporte dans son livre "le bébé est un mammifère" l'instinct animal qui veille en nous. Dans notre société au top du médical, nous avons oublié que l'être humain, comme tous les autres mammifères, sait depuis bien longtemps comment accoucher seul! Une série de mécanismes physiologiques aide au processus et nous permet de faire les bons choix, notamment celui de la position.
Car à trop vouloir uniformiser et, il faut bien le dire, faciliter le travail de la sage-femme ou du gynécologue, nous avons développé des protocoles contre nature.

Bernadette de Gasquet rejoint M. Odent sur ce point et de nombreuses études appuient leur théorie.
La technique actuelle de l'accouchement sur le dos avec une poussée sur une respiration bloquée revient à accoucher la tête en bas!

Accoucher c'est bouger, s'exprimer, se tourner, se retourner, c'est être dans un cocon, dans sa bulle, sans bruit, sans lumière vives, sans monitoring ou électrocardiogramme, sans toucher vaginal à tour de bras, sans visite intempestive...

Accoucher c'est baigner dans une atmosphère intime pour tisser ce lien unique entre votre bébé et vous, construire ce moment qui n'appartient qu'à vous, à lui, à vous deux.