"J'ai appris que les êtres humains sont des mammifères. Tous les mammifères se cachent, s'isolent pour mettre au monde leur progéniture. Ils ont besoin d'intimité."
Michel Odent.
Médecin et pionnier dont la portée des travaux est, paradoxalement, plus connue à l'étranger que dans son propre pays; est installé à Londres où il s'est fait sage-femme, assistant à des naissances à domicile afin d'en savoir plus sur l'influence de l'environnement dans la période qui entoure l'accouchement.
L'accouchement est un processus involontaire auquel on ne peut donc se préparer. Il faut juste éviter de trop le perturber. Des études montrent que l'utilisation du monitoring augmente le taux de césarienne et l'utilisation de forceps. Il rend l'accouchement plus difficile.
Une expérience faite sur des souris a montré que le travail est plus long, plus difficile et plus dangereux lorsque la souris est transportée d'un endroit à un autre durant le travail. Qu'en est-il de nos trajets maison-maternité et salle de travail-salle de naissance...
A travers ces nombreux accouchements à domicile, Dr Odent a remarqué que les femmes accouchaient le plus souvent dans une petite pièce, dans la pénombre, alors qu'elles avaient tout aménagé dans une autre pièce plus vaste.
Un environnement intime, sombre et unique semble le plus approprié.
L'accouchement est une réaction en chaîne d'hormones dirigées par le cerveau primitif et non le néocortex. C'est pourquoi le simple fait de parler peut troubler la future mère dans son travail. La mère change progressivement de comportement, d'état de conscience, s'enferme dans sa bulle. Tout le travail de la sage-femme est donc d'observer à distance pour laisser la femme dans son travail, dans sa bulle et permettre aux hormones d'agir. L'observation du comportement, de la respiration peut suffire à évaluer une éventuelle complication.
L'hormone finale de l'accouchement est l'adrénaline, l'hormone de la peur. Juste avant la phase d'expulsion du foetus l'adrénaline est libérée. Dans la nature elle permet d'accélérer le travail pour mieux fuir devant le danger ou d'interrompre le travail lorsqu'il est moins avancé afin de prendre la fuite et de le reprendre dans un lieu plus sécurisé.
Le réflexe d'éjection entraîne des poussées naturelles et incontrôlables. Lorsque la femme est libre de se placer elle choisit généralement une position qui va favoriser une distension harmonieuse des tissus. Ainsi en respectant le réflexe d'éjection et la position choisie par la femme les déchirures sérieuses sont rares. Le plus souvent la position choisie est debout, penchée en avant, appuyée à une table ou à 4 pattes suspendue à quelqu'un ou quelque chose.














