"J'accouche les jumeaux et dans 2h je suis là, dit-elle en regardant sa montre. A son retour : c'est bien, il est descendu dit-elle en regardant entre les cuisses de la femme. Je fais mes dossiers et dans 10 minutes à vous de bosser!" Voilà les mots d'une sage femme pour sa patiente en travail depuis 10H. Ces paroles montrent bien l'importance qu'a pris l'homme sur la nature. C'est le cercle vicieux de la surmédicalisation.
Je vais vous exposer quelques pratiques qui semblent malheureusement monnaie courante en hexagone. Heureusement ce n'est pas partout. Peut être avez-vous une maternité respectueuse des femmes, des enfants et de la nature près de chez vous!
Monitoring : Il s'agit de l'enregistrement électronique du rythme cardiaque foetale. L'OMS recommande d'en pratiquer un de 20 minutes toutes les 2H. La plupart du temps il est branché en continu, empêchant ainsi la femme de bouger lors du travail. En revanche les sage femmes peuvent suivre tous les rythmes des femmes en travail sur un même écran...c'est mieux que de venir vous voir!
Toucher vaginal : Ce geste permet de connaître l'avancement de la dilatation du col. L'OMS recommande d'en faire un toutes les 4 heures au maximum. Il existe d'autres signes pour témoigner de l'avancement du travail. Ces signes demandent discrétion et observation.
Perfusion d'ocytocine : Cette injection d'hormone dans le sang permet d'accélérer le travail. Elle est souvent faite sans demande de consentement de la femme. Elle rend les contractions plus difficiles à supporter pour le bébé comme pour la mère. Et la perfusion limite encore une fois la femme dans ses mouvements. La douleur plus importantes des contractions nous amène donc à...
La péridurale : C'est le moyen le plus efficace de réduire la douleur de l'accouchement. Mais n'est-il pas trop efficace? Son dosage, en tous cas, semble difficile ou bien l'anesthésiste ne souhaite pas être à nouveau dérangé et préfère stopper net la douleur. Résultat le femme ne sent plus ses jambes, ses pieds et ce jusqu'au pubis, sensation très désagréable. Et surtout elle ne sent plus son bébé avancer. Elle le porte durant 9 mois, sent ses moindre faits et gestes et au moment le plus crucial, elle ne partage plus rien avec lui. Il avance seul sur son chemin étroit et contracté tandis que la femme pousse "dans le vide" tant elle ne sent plus rien. Lorsqu'elle accueille son bébé sur sa peau il y a comme un gap entre le travail et la naissance. Un gap qu'on ne peut rattraper.
La péridurale annule les contractions réflexes de poussée. Ce qui est plutôt gênant. Le bébé ressent aussi les effets de l'anesthésie. Il est endormit et peut avoir des difficultés à téter.
Vidage de vessie : A l'aide d'une sonde urinaire, la sage femme vide la vessie. Cette pratique a lieu à cause de la péridurale puisque la femme ne ressent plus rien. De plus la perfusion apporte beaucoup d'eau et même si la femme va aux toilettes avant la pose de la péridurale, elle ne peut tenir jusqu'à la dissipation de ses effets.
La poussée dirigée : C'est l'image que l'on a de l'accouchement et elle est vraie! La femme n'est plus maître de rien surtout sous péridurale. La sage femme lui dit quand pousser. Mais comment faisait-on avant?! Il existe une poussée naturelle, efficace, incontrôlable et qui préserve le périnée...A la bonne heure! Cette poussée est réflexe et seule la femme peut dire quand elle a lieu!
L'épisiotomie : Il s'agit de l'incision du périnée pour éviter les déchirures graves. On pratique alors une déchirure propre! L'OMS préconise un taux de 10% d'épisiotomie. En france ce taux est de 50% voire même de 70% chez les primipares! Elle peut s'avérer nécessaire dans certains cas (présentation par le siège ou dystocie des épaules) mais cela doit s'évaluer au cas par cas. Par ailleurs le taux d'épisiotomie augmente avec l'utilisation de la péridurale puisque les poussées réflexes ne s'opèrent plus et que la position couchée sur le dos va souvent de pair avec celle-ci.
L'expression abdominale : Elle consiste à appuyer sur le ventre de la femme pour aider le bébé à sortir. Ce geste violent et choquant peut provoquer des déchirures et de graves lésions du périnée avec des risques d'incontinence. Une position autre que celle couchée sur le dos pour la phase de dégagement pourrait faire cesser cette pratique.
La délivrance dirigée : Elle consiste en l'expulsion du placenta accélérée par la perfusion d'ocytocine. On passe d'un délai de 1 à 2h à 20 à 30 minutes! Le corps médical invoque des risques hémorragiques, très rare en vérité. En revanche cela signe le fin de l'accouchement!...A la suivante!
Vous retrouvez toutes ces informations dans le livre " attendre bébé autrement".
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