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samedi 26 janvier 2013

Remise en question des pratiques

"J'accouche les jumeaux et dans 2h je suis là, dit-elle en regardant sa montre. A son retour : c'est bien, il est descendu dit-elle en regardant entre les cuisses de la femme. Je fais mes dossiers et dans 10 minutes à vous de bosser!" Voilà les mots d'une sage femme pour sa patiente en travail depuis 10H. Ces paroles montrent bien l'importance qu'a pris l'homme sur la nature. C'est le cercle vicieux de la surmédicalisation.

Je vais vous exposer quelques pratiques qui semblent malheureusement monnaie courante en hexagone. Heureusement ce n'est pas partout. Peut être avez-vous une maternité respectueuse des femmes, des enfants et de la nature près de chez vous!

Monitoring : Il s'agit de l'enregistrement électronique du rythme cardiaque foetale. L'OMS recommande d'en pratiquer un de 20 minutes toutes les 2H. La plupart du temps il est branché en continu, empêchant ainsi la femme de bouger lors du travail. En revanche les sage femmes peuvent suivre tous les rythmes des femmes en travail sur un même écran...c'est mieux que de venir vous voir!

Toucher vaginal :  Ce geste permet de connaître l'avancement de la dilatation du col. L'OMS recommande d'en faire un toutes les 4 heures au maximum. Il existe d'autres signes pour témoigner de l'avancement du travail. Ces signes demandent discrétion et observation.

Perfusion d'ocytocine : Cette injection d'hormone dans le sang permet d'accélérer le travail. Elle est souvent faite sans demande de consentement de la femme. Elle rend les contractions plus difficiles à supporter pour le bébé comme pour la mère. Et la perfusion limite encore une fois la femme dans ses mouvements. La douleur plus importantes des contractions nous amène donc à...

La péridurale : C'est le moyen le plus efficace de réduire la douleur de l'accouchement. Mais n'est-il pas trop efficace? Son dosage, en tous cas, semble difficile ou bien l'anesthésiste ne souhaite pas être à nouveau dérangé et préfère stopper net la douleur. Résultat le femme ne sent plus ses jambes, ses pieds et ce jusqu'au pubis, sensation très désagréable. Et surtout elle ne sent plus son bébé avancer. Elle le porte durant 9 mois, sent ses moindre faits et gestes et au moment le plus crucial, elle ne partage plus rien avec lui. Il avance seul sur son chemin étroit et contracté tandis que la femme pousse "dans le vide" tant elle ne sent plus rien. Lorsqu'elle accueille son bébé sur sa peau il y a comme un gap entre le travail et la naissance. Un gap qu'on ne peut rattraper. 
La péridurale annule les contractions réflexes de poussée. Ce qui est plutôt gênant. Le bébé ressent aussi les effets de l'anesthésie. Il est endormit et peut avoir des difficultés à téter.

Vidage de vessie : A l'aide d'une sonde urinaire, la sage femme vide la vessie. Cette pratique a lieu à cause de la péridurale puisque la femme ne ressent plus rien. De plus la perfusion apporte beaucoup d'eau et même si la femme va aux toilettes avant la pose de la péridurale, elle ne peut tenir jusqu'à la dissipation de ses effets.

La poussée dirigée : C'est l'image que l'on a de l'accouchement et elle est vraie! La femme n'est plus maître de rien surtout sous péridurale. La sage femme lui dit quand pousser. Mais comment faisait-on avant?! Il existe une poussée naturelle, efficace, incontrôlable et qui préserve le périnée...A la bonne heure! Cette poussée est réflexe et seule la femme peut dire quand elle a lieu!

L'épisiotomie : Il s'agit de l'incision du périnée pour éviter les déchirures graves. On pratique alors une déchirure propre! L'OMS préconise un taux de 10% d'épisiotomie. En france ce taux est de 50% voire même de 70% chez les primipares! Elle peut s'avérer nécessaire dans certains cas (présentation par le siège ou dystocie des épaules) mais cela doit s'évaluer au cas par cas. Par ailleurs le taux d'épisiotomie augmente avec l'utilisation de la péridurale puisque les poussées réflexes ne s'opèrent plus et que la position couchée sur le dos va souvent de pair avec celle-ci.

L'expression abdominale : Elle consiste à appuyer sur le ventre de la femme pour aider le bébé à sortir. Ce geste violent et choquant peut provoquer des déchirures et de graves lésions du périnée avec des risques d'incontinence. Une position autre que celle couchée sur le dos pour la phase de dégagement pourrait faire cesser cette pratique.

La délivrance dirigée : Elle consiste en l'expulsion du placenta accélérée par la perfusion d'ocytocine. On passe d'un délai de 1 à 2h à 20 à 30 minutes! Le corps médical invoque des risques hémorragiques, très rare en vérité. En revanche cela signe le fin de l'accouchement!...A la suivante!

Vous retrouvez toutes ces informations dans le livre " attendre bébé autrement".



mardi 22 janvier 2013

Mécanique du travail

Ou comprendre les différentes positions d'accouchement.

L'accouchement se déroule en 2 temps.
1er temps : l'engagement : le bébé avance dans le bassin.
2ème temps :  le dégagement : le bébé sort sa tête du bassin, c'est l'expulsion du foetus.

Le corps entier de la femme va se mobiliser pour réaliser ces 2 temps. En effet le bassin par l'intermédiaire de ligaments, os et muscles est relié au dos et aux jambes. Les différentes positions adoptées vont donc aider le bassin à s'élargir à différents niveaux, selon la position. C'est là que la nature est bien faite : souvent lorsque nous avons mal au dos , par exemple, nous trouvons nous-même la position qui nous soulage; Durant l'accouchement la femme trouve elle-même les positions adéquates pour aider le bébé à progresser selon sa situation.


Le bébé aura a traverser 3 détroits. 

Durant l'engagement, il s'opère une contre-nutation du sacrum. Elle agrandit le détroit supérieur.

Durant la phase de dégagement, il s'opère une nutation du sacrum. Elle agrandit le détroit inférieur. On comprend alors que si le sacrum bute sur la table d'accouchement (position couchée sur le dos) la nutation ne peut avoir lieu. Certaines tables d'accouchement ont une partie amovible, de sorte que la femme a le sacrum dans le vide. Ou bien il est possible de glisser un coussin mou sous les fesses de la femme.





















Contre-nutation du sacrum                                                        Nutation du sacrum

Les différentes position d'accouchement peuvent se classer en 3 catégorie : la position debout, assise sur un ballon, ou à 4 pattes. Ces 3 position permettent une grand liberté du bassin et du sacrum, de positionner ses jambes comme on le souhaite, d'être aider d'une tierce personne dans nos mouvements.



Vous retrouverez toutes les explications de ces positions dans le livre "bouger en accouchant" que je vous recommande vivement! Ces positions ne sont pas du tout incompatible avec une péridurale. Car être anesthésiée ne veut pas dire être immobile!


Il est clair que toutes les sage-femmes ne sont pas formées à ce genre de position notamment lors de la phase de dégagement. C'est pour cela qu'il faut bien se renseigner pour choisir sa maternité au mieux. Ensuite il faut malheureusement faire des compromis.

Par ailleurs si les femmes sont de plus en plus actrices de leur position d'accouchement le corps médical devra s'y former... ;-)

dimanche 20 janvier 2013

Présentation

Bonjour,

Infirmière de formation, j'ai débuté ma carrière en psychiatrie adulte. Au cours de cette expérience enrichissante j'ai compris d'autant mieux les conséquences d'une enfance difficile. J'ai alors voulu découvrir ce monde de l'enfance et prévenir d'éventuels troubles.

C'est ainsi que je travaille en crèche depuis 5 ans. Au cours de ces années j'ai découvert le travail de l'infirmière en crèche et celui de ses partenaires (Educatrice de Jeunes Enfants, Psychomotricien, Auxiliaire de Puériculture, Psychologue, Pédiatre). Je n'ai de cesse de me former, notamment sur les besoins de l'enfant.

C'est au cours de ma première grossesse que je me suis aperçue de l'écart entre mon expérience et le monde de la maternité tel qu'il est vu et pratiqué en France. Parce que devenir parent est une étape de vie, un véritable engagement, cela mérite que l'on s'y attarde, que l'on y réfléchisse...

Comment? pourquoi? Voici des pistes de réflexion, pistes qui ont fait sens pour moi et qui j'espère vous éclaireront aussi. Il n'y a pas un chemin mais des chemins. Ce blog est donc aussi un lieu d'échange et de partage.

Nourrissez-vous, nourrissez-le!

Bonne lecture!

Accoucher couchée?

9 mois d'attente. 9 mois de représentations, de rumeurs, d'imagination, de rêves, de on-dit...9 mois et on ne sait toujours pas à quoi s'attendre!

Chaque accouchement est différent car chacune gère la douleur à sa façon.

Michel Odent rapporte dans son livre "le bébé est un mammifère" l'instinct animal qui veille en nous. Dans notre société au top du médical, nous avons oublié que l'être humain, comme tous les autres mammifères, sait depuis bien longtemps comment accoucher seul! Une série de mécanismes physiologiques aide au processus et nous permet de faire les bons choix, notamment celui de la position.
Car à trop vouloir uniformiser et, il faut bien le dire, faciliter le travail de la sage-femme ou du gynécologue, nous avons développé des protocoles contre nature.

Bernadette de Gasquet rejoint M. Odent sur ce point et de nombreuses études appuient leur théorie.
La technique actuelle de l'accouchement sur le dos avec une poussée sur une respiration bloquée revient à accoucher la tête en bas!

Accoucher c'est bouger, s'exprimer, se tourner, se retourner, c'est être dans un cocon, dans sa bulle, sans bruit, sans lumière vives, sans monitoring ou électrocardiogramme, sans toucher vaginal à tour de bras, sans visite intempestive...

Accoucher c'est baigner dans une atmosphère intime pour tisser ce lien unique entre votre bébé et vous, construire ce moment qui n'appartient qu'à vous, à lui, à vous deux.